Développement durable en entreprise : 10 bonnes pratiques pour accompagner votre stratégie
Le développement durable en entreprise, ce n’est pas qu’une liste de gestes : une bonne politique repose d’abord sur une stratégie […]
Dans un contexte où l’urgence climatique et la transition énergétique sont au cœur des débats publics et économiques, la question de l'orientation de l’épargne vers des projets respectueux de l’environnement devient centrale. Pour répondre à ce besoin de transparence et de crédibilité, le label Greenfin a été créé à la fin de l’année 2015 — lors de la COP 21 — par le ministère de la Transition écologique¹ ; il constituait alors le premier label public français dédié à la finance verte. Initialement baptisé « Transition énergétique et écologique pour le climat » (TEEC), il a été renommé Greenfin en 2019.
L’objectif est simple mais ambitieux : permettre aux épargnants et aux investisseurs de repérer clairement les fonds d’investissement qui contribuent réellement à la transition écologique, en excluant définitivement certains secteurs polluants et en certifiant les pratiques qui ont un impact positif sur la lutte contre le changement climatique ¹.
Comprendre ce qu’est le label Greenfin, ses critères, son fonctionnement et son rôle dans l’écosystème de la finance responsable est essentiel pour faire des choix éclairés en matière d’investissement durable. Explications.
Le label Greenfin est un label public français visant à garantir que des fonds d’investissement sont réellement orientés vers la transition écologique et énergétique. Il est porté par le ministère de la Transition écologique et repose sur un cahier des charges strict, actualisé régulièrement pour rester en cohérence avec les standards européens de finance durable ².
Le cahier des charges actuellement en vigueur est le référentiel publié en janvier 2026, approuvé par l’arrêté du 19 décembre 2025 et applicable depuis le 1er janvier 2026 ⁹. Souvent cité comme un repère d’exigence pour les investisseurs, il se distingue par son approche centrée exclusivement sur les critères environnementaux, contrairement à d’autres labels qui combinent environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG).
Le label Greenfin a été initié à la suite de discussions engagées dès 2014 lors de la conférence sur la transition énergétique et sa création formelle a été actée en décembre 2015 par décret et arrêté publiés au Journal officiel ³.
Son raisonnement est double :
Le label a fêté ses dix ans en 2025. Selon le ministère de la Transition écologique, il compte aujourd’hui 98 fonds labellisés pour un encours d’environ 30 milliards d’euros, contre 108 fonds et 35 milliards d’euros début 2025 : un léger recul, intervenu après le durcissement des critères ¹.
Le label Greenfin s’adresse à plusieurs catégories d’acteurs :
Ce sont les principaux candidats à la labellisation. Pour obtenir le label, un fonds doit démontrer qu’une part significative de ses actifs est allouée à des activités contribuant à la transition écologique, selon des critères clairement définis ².
Banques, assurances ou caisses de retraite peuvent proposer des produits labellisés Greenfin à leurs clients institutionnels ou particuliers ¹.
Pour les ménages ou investisseurs individuels qui souhaitent voir où et comment leur argent finance l’économie réelle verte, le label Greenfin constitue un signe de sérieux et d’engagement ².
Le label Greenfin repose sur un cahier des charges exigeant, régulièrement révisé pour intégrer les évolutions du cadre réglementaire, notamment celles de la taxonomie verte européenne. Depuis 2025, les sociétés de gestion peuvent ainsi définir leurs activités vertes à partir de la nomenclature du label ou de celle de la taxonomie européenne, et les fonds obligataires peuvent s’appuyer sur le standard européen des obligations vertes (EU GBS).
Un fonds doit consacrer une proportion significative de ses actifs à des activités directement liées à la transition énergétique et écologique, telles que :
Le label exclut les fonds investissant significativement dans :
La révision récente du référentiel a même ajusté l’exclusion des énergies fossiles pour la rendre plus cohérente avec les critères européens, rendant le seuil d’exclusion encore plus strict ⁴. Concrètement, depuis 2025, le label intègre les exclusions des indices de référence « alignés sur l’Accord de Paris » (PAB) retenues par l’ESMA : le seuil d’exclusion lié au charbon est passé de 5 % à 1 % du chiffre d’affaires, et des exclusions fondées sur des critères sociaux et de gouvernance ont été ajoutées.
L’un des points forts du label Greenfin est l’exigence de transparence des méthodologies et des indicateurs, que les sociétés de gestion doivent fournir et justifier périodiquement lors des audits ⁵.
L’attribution du label Greenfin ne se fait pas automatiquement : il repose sur un processus d’audit par des organismes tiers indépendants habilités tels que EY France, Afnor Certification ou Bureau Veritas Certification (Novethic, historiquement labellisateur, ne fait plus partie de la liste : début 2026, Bureau Veritas a racheté à la Caisse des Dépôts son activité de labellisation Greenfin) ⁸.
Une fois labellisé, le fonds doit faire l’objet d’un suivi et d’un renouvellement périodiques pour conserver le label et rester conforme aux évolutions du référentiel ¹,⁵. Le label est accordé pour un an renouvelable, avec des contrôles intermédiaires pendant cette période.
Dans l’univers de la finance responsable, plusieurs labels coexistent. Il est donc pertinent de comprendre ce qui distingue le label Greenfin :
Le label ISR (Investissement Socialement Responsable) couvre à la fois des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), avec un périmètre plus large mais parfois perçu comme moins strict sur les exclusions sectorielles ⁶.
À l’inverse, le label Greenfin se concentre exclusivement sur l’impact environnemental, avec un niveau d’exigence particulièrement élevé sur les secteurs exclus et inclus, ce qui en fait un label de choix pour les investisseurs qui cherchent à orienter leur épargne vers la transition écologique.
En résumé : le label ISR évalue les fonds sur des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) et relève de l’investissement responsable au sens large ; le label Greenfin évalue uniquement leur contribution à la transition écologique, exclut les énergies fossiles et relève de la finance verte. Un même fonds peut d’ailleurs détenir les deux labels.
Le label Greenfin remplit plusieurs fonctions clés dans le paysage de la finance verte :
En s’appuyant sur des critères clairs, publics et contrôlés par des tiers indépendants, le label Greenfin contribue à éliminer les produits financiers qui se contentent d’un discours marketing sans impact réel ².
👉 Article à lire en complément : Entreprises éthiques et greenwashing : comment séparer le vrai du faux ? À quoi reconnaît-on une entreprise éthique ?
Il permet aux épargnants conscients des enjeux environnementaux de choisir des produits financiers qui financent effectivement la transition énergétique, la décarbonation des économies ou des projets à impact mesurable.
Le label s’inscrit dans les orientations nationales et européennes en matière de finance durable, en s’adaptant régulièrement aux cadres comme la taxonomie verte européenne ⁷.
Si le label Greenfin se focalise sur les fonds d’investissement, il existe d’autres catégories de labels environnementaux dans des secteurs différents. À titre d’exemple, dans le domaine du tourisme durable, plusieurs labels éco-responsables permettent de guider les voyageurs vers des choix respectueux de l’environnement. Voir notre article sur les labels du tourisme durable pour comprendre cet autre usage des labels environnementaux dans l’économie.
👉 Lire aussi : Quels sont les labels du tourisme durable ?
Comme tout dispositif, le label Greenfin n’est pas exempt de défis :
Le label ISR évalue les fonds sur des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), tandis que le label Greenfin se concentre exclusivement sur leur contribution à la transition écologique et exclut les énergies fossiles.
Le label Greenfin a été créé et est piloté par le ministère de la Transition écologique, mais il est attribué après audit par des organismes indépendants habilités : EY France, Afnor Certification et Bureau Veritas Certification.
Oui. Depuis janvier 2024, le nucléaire peut être intégré à la part verte des fonds labellisés, en cohérence avec la taxonomie verte européenne. Les énergies fossiles restent en revanche exclues.
Oui. Depuis la loi PACTE, les contrats d’assurance-vie multisupports doivent proposer au moins une unité de compte labellisée Greenfin, aux côtés d’une unité de compte labellisée ISR et d’une unité de compte solidaire (obligation généralisée depuis 2022).
Selon le ministère de la Transition écologique, 98 fonds sont labellisés Greenfin en 2026, pour un encours d’environ 30 milliards d’euros.
Le label Greenfin constitue aujourd’hui un outil essentiel pour garantir la qualité verte d’un fonds d’investissement, donnant aux épargnants un moyen fiable de soutenir la transition écologique à travers leurs placements. En excluant rigoureusement les secteurs polluants et en exigeant une transparence forte, il se positionne comme une référence dans le paysage de la finance durable française.
Dans un environnement financier de plus en plus complexe et multipolaire, comprendre ce que signifient réellement les labels et comment ils s’articulent avec les politiques publiques demeure essentiel pour faire des choix d’investissement éclairés durablement.
Décrypter un label comme Greenfin, articuler finance durable, taxonomie verte européenne et obligations de reporting : ces sujets demandent une expertise à la croisée de l’environnement, du droit et du management. C’est le cœur de métier de l’Institut Supérieur de l’Environnement (ISE), école spécialisée dans la formation aux métiers de l’environnement. Pour les professionnels qui souhaitent piloter ces enjeux en entreprise, l’Executive Mastère en management, ingénierie et droit de l’environnement, apporte une vision transversale des enjeux de la transition écologique. Et pour se spécialiser sur le reporting extra-financier, la formation Construire et mettre en œuvre le rapport extra-financier (CSRD, VSME, Taxonomie) permet de maîtriser concrètement le cadre européen qui, comme le label Greenfin, fait de la transparence un levier de la finance durable.
1 – Ministère de la Transition écologique, Le label Greenfin, 07 01 2026 (mise à jour du 25 09 2026)
2 – Ministère de la Transition écologique, Mobiliser l’épargne au bénéfice de la transition écologique : le label de finance verte « Greenfin » fête ses dix ans en 2025 et évolue avec son temps, 30 01 2025
3 – Ministère de la Transition écologique, Criteria guidelines, 01 01 2025
4- L’info Durable, Comment le label français Greenfin évolue pour mieux intégrer les critères européens ? 08 02 2025
5 – AFG, Publication du nouveau référentiel du Label Greenfin, 18 02 2025
6 – LeMonde, Label ISR : qu’a changé la réforme pour l’investissement socialement responsable ? 12 07 2024
7- Connaissance des Energies, Finance verte : le label Greenfin évolue, conformément à la taxonomie verte, 30 01 2025
8 – Gestion de Fortune, Le label Greenfin change de mains, 15 01 2026
9 – Journal officiel, Arrêté du 19 décembre 2025 portant approbation du référentiel et du plan de contrôle et de surveillance cadre du label Greenfin, 28 12 2025