Une bonne politique de développement durable repose d’abord sur une stratégie de fond et sur l’alignement des collaborateurs et des métiers de l’entreprise. Il existe toutefois 10 bonnes pratiques communes à toutes les entreprises, qui accompagnent cette stratégie sans la remplacer : diagnostic carbone, énergie, numérique, achats, déchets, mobilité, éco-conception, alimentation, mobilisation collective et formation. Plusieurs sont déjà encadrées par la loi (décret tertiaire, tri des biodéchets, forfait mobilités durables).

10 actions développement durable en entreprise

Passer à l’action ne suffit pas : le développement durable en entreprise, ce n’est pas seulement des véhicules électriques et du tri des déchets. Ces gestes comptent, mais ils n’ont de sens que s’ils s’inscrivent dans une démarche pensée pour l’activité de l’entreprise et portée par tous.

Le moment est justement propice à la réflexion : la Semaine européenne du développement durable (SEDD) se tient jusqu’au 8 octobre 2026. Ouverte aux entreprises comme aux associations, aux écoles et aux collectivités, elle met cette année l’accent sur l’alimentation durable. Elle s’appuie sur les 17 Objectifs de développement durable (ODD) de l’Agenda 2030, adopté en septembre 2015 par les 193 États membres de l’ONU. C’est un temps fort, mais une démarche sérieuse se construit toute l’année.

L’Institut Supérieur de l’Environnement (ISE), l’école experte des métiers de la transition écologique et du développement durable depuis 1993, vous présente d’abord ce qui fait la solidité d’une politique de développement durable, puis 10 bonnes pratiques communes à toutes les entreprises.

Une politique de développement durable, c’est d’abord une stratégie

Le développement durable en entreprise consiste à concilier performance économique, responsabilité sociale et préservation de l’environnement. La RSE (responsabilité sociétale des entreprises) en est la traduction concrète dans l’organisation. Une politique solide ne part pas d’une liste de gestes : elle part des enjeux propres à l’activité, de ses métiers, de ses clients et de sa chaîne de valeur.

Une stratégie de fond comprend en général :

  • un diagnostic partagé des impacts et des enjeux de l’entreprise (empreinte carbone, dépendances, risques) ;
  • des priorités et des objectifs mesurables, suivis par des indicateurs ;
  • une gouvernance claire, portée par la direction et relayée par des référents dans chaque métier ;
  • des collaborateurs informés, formés et associés aux décisions.

L’alignement des équipes est le facteur décisif. Les achats, les ressources humaines, la production, le numérique, le commercial ou la finance disposent chacun de leviers différents. Une démarche portée par une seule personne ou un seul service s’essouffle vite. Une démarche comprise et partagée par les équipes, du dirigeant aux opérationnels, s’inscrit dans la durée.

Sans cette vision d’ensemble, les actions risquent de déplacer le problème plutôt que de le résoudre : renouveler une flotte de véhicules sans interroger les besoins de déplacement, ou trier ses déchets sans réduire sa consommation de matières à la source. Les bonnes pratiques ci-dessous sont utiles, à condition d’être choisies et adaptées en fonction de la stratégie.

10 bonnes pratiques communes pour accompagner votre stratégie

Ces pratiques concernent la plupart des entreprises, quels que soient leur taille et leur secteur. Elles sont classées de la plus structurante à la plus fédératrice.

1. Réaliser un diagnostic : empreinte carbone et leviers d’action

C’est le point de départ de toute stratégie : avant d’agir, il faut savoir où agir. L’empreinte carbone mesure les émissions de gaz à effet de serre de l’entreprise, poste par poste : énergie, déplacements, achats, numérique, déchets. Pour une première sensibilisation, un atelier collectif de type « 2 tonnes » aide aussi les équipes à visualiser les ordres de grandeur.

Quelques questions pour démarrer :

  • Notre activité dépend-elle du transport routier de marchandises ?
  • Nos besoins en eau et en électricité sont-ils proportionnés à notre production ?
  • Quels sont nos trois postes d’émissions les plus importants ?

L’objectif n’est pas de culpabiliser, mais de hiérarchiser. Un diagnostic partagé avec les parties prenantes (salariés, fournisseurs, clients) donne une feuille de route crédible.

Pour apprendre à mesurer l’empreinte carbone d’une organisation, l’ISE propose une formation dédiée.

2. Réduire la consommation d’énergie des locaux

L’énergie est souvent le levier le plus rapide. Et pour certaines entreprises, c’est une obligation : le décret tertiaire impose aux bâtiments tertiaires de 1 000 m² et plus de réduire leur consommation d’énergie de 40 % d’ici 2030, 50 % d’ici 2040 et 60 % d’ici 2050, par rapport à une année de référence. Les consommations sont déclarées chaque année sur la plateforme OPERAT de l’ADEME.

Même sans obligation, les gains sont à portée de main :

  • programmer le chauffage et la climatisation selon les horaires d’occupation ;
  • installer des détecteurs de présence et passer à l’éclairage LED ;
  • couper les veilles des équipements le soir et le week-end ;
  • suivre ses consommations mois par mois pour repérer les dérives.

Pour piloter la performance énergétique de vos locaux, l’ISE propose la formation Gérer l’efficacité énergétique des bâtiments.

3. Adopter un numérique responsable

Le numérique représentait 4,4 % de l’empreinte carbone de la France en 2022, selon l’ADEME et l’Arcep. La moitié de cet impact vient des terminaux (ordinateurs, smartphones, écrans), et surtout de leur fabrication. Les centres de données pèsent 46 %.

Le premier geste est donc d’allonger la durée de vie du matériel. Viennent ensuite les usages : limiter les pièces jointes lourdes et les mises en copie inutiles, faire le ménage dans les fichiers stockés, privilégier l’audio à la vidéo quand c’est possible. L’usage de l’intelligence artificielle générative mérite aussi d’être raisonné, car il sollicite fortement les centres de données. Lire notre article dédié sur la pollution de l’IA.

Pour structurer la démarche à l’échelle de l’entreprise, l’ISE propose la formation Mettre en place une démarche numérique responsable.

4. Choisir du matériel reconditionné et des achats responsables

Puisque la fabrication concentre l’essentiel de l’impact des terminaux, acheter reconditionné évite une grande partie des émissions et des ressources liées au neuf. Ordinateurs, téléphones, écrans ou mobilier de bureau : l’offre professionnelle est large, garantie et souvent moins chère.

Pour aller plus loin, intégrez des critères environnementaux dans vos achats : réparabilité, labels, proximité des fournisseurs, reprise en fin de vie.

Pour formaliser ces critères, l’ISE propose la formation Mettre en place une politique d’achats responsables.

5. Trier les déchets à la source, biodéchets compris

Depuis le 1er janvier 2024, particuliers et professionnels doivent trier leurs biodéchets à la source. Ils représentent un tiers des déchets non triés des Français. En entreprise, cela concerne les restes de repas, le marc de café ou les déchets de cuisine.

Concrètement :

  • réduire à la source, notamment le plastique à usage unique ;
  • installer des points de tri clairs et identiques dans tous les espaces ;
  • prévoir un bac ou un composteur pour les biodéchets ;
  • faire reprendre les cartouches, piles et déchets d’équipements électroniques par une filière agréée.

6. Encourager les mobilités durables et le télétravail

Les déplacements domicile-travail sont un poste d’émissions important pour la plupart des entreprises. Avant d’investir dans de nouveaux véhicules, il vaut mieux commencer par réduire les trajets : le télétravail, même partiel, y contribue. Pour les jours sur site, le covoiturage, le vélo et les transports en commun sont à encourager.

L’employeur peut verser le forfait mobilités durables aux salariés qui viennent à vélo, en covoiturage ou en trottinette électrique, par exemple. Dans le privé, il est exonéré de cotisations et d’impôt jusqu’à 600 € par an et par salarié. Il reste facultatif, mais doit être abordé lors des négociations annuelles dans les entreprises de plus de 50 salariés.

7. Intégrer l’éco-conception dans ses produits et services

L’éco-conception consiste à réduire l’impact environnemental d’un produit ou d’un service sur tout son cycle de vie : matières premières, fabrication, distribution, utilisation et fin de vie. Elle concerne aussi les services numériques, comme un site web plus léger ou une application moins gourmande.

En pratique, on commence souvent par une analyse de cycle de vie simplifiée, pour repérer l’étape la plus impactante. Pour approfondir, découvrez la démarche d’éco-conception.

8. Promouvoir une alimentation durable au travail

C’est le thème de la SEDD 2026, et la pause déjeuner est un excellent terrain d’action. Livraisons suremballées, produits hors saison, couverts jetables : chaque habitude a un impact. L’enjeu n’est pas d’imposer, mais de rendre les bons choix faciles.

  • Mettre en avant les restaurants de proximité engagés, voire négocier un partenariat.
  • Offrir des contenants réutilisables et équiper la cuisine (micro-ondes, vaisselle, fontaine à eau).
  • Proposer, sur la base du volontariat, des journées à thème : zéro emballage, produits de saison, menu végétarien.
  • Organiser un atelier anti-gaspillage ou une collecte des biodéchets du midi (voir action 5).

Pour construire une vraie démarche d’alimentation durable, l’ISE propose la formation Alimentation durable en entreprise ou collectivité.

9. Mobiliser les collaborateurs autour d’une action collective

Nettoyage d’un cours d’eau, ramassage de mégots, plantation de haies, entretien d’un espace boisé : ces actions concrètes créent de la cohésion autour d’une cause commune. Elles réunissent tous les collaborateurs, quel que soit leur poste, et coûtent peu.

Elles sont un bon point d’entrée pour créer de l’adhésion, à condition de les relier à la démarche globale de l’entreprise. La SEDD, jusqu’au 8 octobre 2026, offre un cadre et de la visibilité à ce type d’initiative : les entreprises peuvent y inscrire leur action sur la plateforme officielle.

10. Former ses équipes au développement durable et à la RSE

Les gestes du quotidien ont besoin d’un cadre pour durer, et la formation est ce qui permet d’aligner les équipes sur la stratégie. Former les salariés, et en particulier les managers, donne un langage commun, permet de piloter des indicateurs et de répondre aux attentes des clients, des candidats et des partenaires.

Pour poser les bases, l’ISE propose les formations Mettre en place une démarche RSE et Concevoir une politique RSE.

Passer des bonnes pratiques à la stratégie

Une entreprise qui coche les 10 actions sans stratégie d’ensemble avance, mais sans direction. À l’inverse, une stratégie claire, partagée par tous les métiers, donne du sens à chaque geste et permet de mesurer les progrès. Les formations de l’ISE s’adressent aux professionnels en poste qui veulent monter en compétences, à distance ou en format hybride :

Découvrir toutes nos formations

FAQ

Le développement durable en entreprise se résume-t-il à des gestes écologiques ?

Non. Trier ses déchets ou choisir des véhicules électriques sont des bonnes pratiques utiles, mais une politique de développement durable repose avant tout sur une stratégie de fond, adaptée à l’activité de l’entreprise, et sur l’implication des collaborateurs et des métiers.

Par quoi commencer une démarche de développement durable en entreprise ?

Par un diagnostic, idéalement une mesure de son empreinte carbone. Elle identifie les postes les plus émetteurs et permet de définir une stratégie et des priorités d’action, avec le soutien de la direction.

Comment impliquer les collaborateurs dans la démarche ?

En les formant, en désignant des référents dans chaque métier, en fixant des objectifs partagés et en proposant des actions collectives concrètes. L’adhésion se construit dans la durée, pas avec un seul événement.

Quelles obligations environnementales s’appliquent déjà aux entreprises ?

Parmi les principales : le décret tertiaire pour les bâtiments de 1 000 m² et plus (−40 % de consommation d’énergie d’ici 2030) et le tri à la source des biodéchets depuis le 1er janvier 2024.

Qu’est-ce que le forfait mobilités durables ?

Une aide facultative que l’employeur verse aux salariés qui viennent au travail à vélo, en covoiturage ou avec d’autres modes doux. Dans le privé, elle est exonérée jusqu’à 600 € par an et par salarié.

Quel est l’impact du numérique en entreprise ?

En France, le numérique représente 4,4 % de l’empreinte carbone (2022). La moitié vient des terminaux, surtout de leur fabrication : prolonger la durée de vie du matériel est le geste le plus efficace.

Qu’est-ce que la Semaine européenne du développement durable (SEDD) ?

C’est un événement annuel qui valorise des actions concrètes liées aux 17 ODD de l’Agenda 2030. L’édition 2026 a lieu du 18 septembre au 8 octobre, autour de l’alimentation durable. Les entreprises peuvent y inscrire une action sur la plateforme officielle.

Sources