Top 10 des métiers d'avenir pour 2026
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« Je suis Mounira Damala, actuellement étudiante en Mastère 2 QHSE à l’ISE. Je suis en contrat d’apprentissage chez Carglass où je suis chargée de la prévention en santé et sécurité au travail. C’est avec gratitude et joie que je participe à l’amélioration du bien-être, de la santé et de la sécurité de mes collègues. L’une de mes missions en tant qu’apprentie consiste à assurer le suivi des VCS, dont je vais maintenant vous présenter les grandes lignes. »
Non obligatoire du point de vue de la réglementation, la Visite Comportementale de Sécurité (VCS) est un outil de management et de sécurité proactif, fonctionnant par anticipation dont l’objectif est de prévenir les accidents. L’idée principale des VCS est d’identifier les comportements jugés à risque ou dangereux sur le terrain pour éviter les accidents.
Attention : il ne s’agit pas que de “surveiller” et de “corriger”. L’idée est de comprendre l’entièreté des mécanismes et des fonctionnements d’un service et d’appréhender la dynamique et la raison de chaque opération afin de faire évoluer la sécurité en profondeur et non seulement par quelques règles énoncées. Pour cela, il est impératif d’impliquer les équipes et d’ouvrir un dialogue constructif basé sur l’échange, permettant de comprendre l’organisation et pas seulement de la décrire d’un point de vue extérieur.
La visite comportementale de sécurité permet ainsi non seulement de prévenir les accidents, mais aussi d’optimiser plus globalement l’organisation du travail de chacun en agissant d’un point de vue systémique.
Il s’agit de passer de l’idée qu’”aucun accident n’est impossible à éviter” à un ensemble d’automatisme réfléchis, conscientisés et intégrés par chacun visant à tout simplement rendre l’accident impossible sur le site. Pour cela, on s’appuie sur le modèle ACC (Antécédent – Comportement – Conséquence) qui analyse ce qui pousse un opérateur à agir d’une manière plutôt que d’une autre en fonction des situations rencontrées. L’idée est de changer non seulement les habitudes, mais aussi les états d’esprit et de passer à une logique consistant à se dire que l’on fait le choix de ne laisser survenir aucun accident en étudiant les implications rencontrées en amont et les réponses de chacun aux contextes spécifiques. On étudie ainsi tous les facteurs influençant le comportement pour ne rien laisser au hasard et adapter chaque réaction aux problématiques à un optimum de sécurité. A terme, une visite comportementale bien menée permet aussi d’améliorer le confort de travail et le moral des collaborateurs.
Le saviez-vous ? Environ 96% des accidents peuvent être évités par des comportements et une organisation adaptée. 80% des accidents sont liés à des actions humaines.
La visite comportementale de sécurité est avant tout un audit permettant d’analyser et d’évaluer les comportements sur site et surtout de réaliser un retour constructif permettant d’améliorer les pratiques et de veiller à la sécurité de tous sur le lieu de travail. C’est pourquoi il convient de préparer la visite comportementale de sécurité.
Pour cela, il est essentiel de définir chaque action, chaque rôle assigné en fonction des acteurs, et les attendus spécifiques de la VCS. Il est possible de procéder par séquençage : mener une première VCS dédiée à une thématique et une 2e à une autre thématique, si cela est trop lourd à porter en une fois et surtout avec des modifications comportementales en un seul temps.
Afin de permettre à chacun de comprendre les enjeux et d’adhérer aux VCS en s’impliquant pleinement, il est primordial de communiquer efficacement au préalable en expliquant l’importance des VCS et leur but spécifique. Citer des chiffres ou des exemples est souvent un moyen efficace de démontrer le changement auquel la VCS peut prétendre et en quoi elle est légitime au sein d’une entreprise. Le but est de démontrer qu’il ne s’agit pas d’une évaluation de surveillance qui vient sermonner les collaborateurs, mais d’un moment privilégié où l’échange et l’analyse sont de mise pour permettre d’améliorer la sécurité de chacun.
La VCS ne doit pas arriver comme un cheveu sur la soupe et intervenir de manière négative dans le travail des collaborateurs : elle doit être prévue de longue date, correctement organisée, sans pénaliser les acteurs et surtout trouver sa place avec une véritable raison d’être. Reposant sur le 2e point lié à la communication, cette question d’intégration vient entériner la légitimité de la VCS et lui donner sa place au sein de l’entreprise, pas comme une critique des travailleurs mais comme un questionnement des process à bon escient pour améliorer la sécurité sur des points qui laissent à désirer. C’est pourquoi il est essentiel de recueillir les observations, impressions, interrogations et critiques en amont : ce sera le socle sur lequel reposera la VCS.
Quelques mises en place qui fonctionnent bien :
Les VCS peuvent être assurées par :
Tous les collaborateurs sont concernés, en priorité aux activités opérationnelles et surtout aux collaborateurs qui reprennent le travail après un arrêt.
Une fois que les données recueillies par chacun des groupes de travail ont été correctement analysées par les équipes, il est temps de passer “sur le terrain”.
Cela consiste à analyser attentivement chaque tâche et chaque opération, puis à demander aux opérateurs de se mettre en conditions de travail réelles : lui demander comment il se protège, comment il effectue ses gestes, comment il manipule les produits, etc… L’idée n’est pas de le juger mais de déceler s’il existe des comportements à risque et d’analyser la raison pour laquelle il les effectue (manque de temps, d’espace, de matériel…) et de régler les problèmes à la source des comportements en question.
Il s’agit également de questionner les comportements à risque pointés du doigt par les groupes de travail et de faire en sorte que les collaborateurs ne soient plus forcés de les mettre en œuvre. Il est également essentiel de féliciter les opérateurs qui se mettent en sécurité ainsi que leurs collaborateurs : afin d’insister sur l’effet positif des attitudes sécurisantes.
Si un comportement à risque n’a pas de raison d’être (c’est-à-dire aucune raison qui oblige l’opérateur à se mettre lui ou ses collègues en danger), alors il est utile de rappeler quelques statistiques ou exemples d’accidents de personnes directement liés à cette manipulation en particulier.
Il est également important d’identifier les comportements et mises en place favorisant la mise en sécurité : points d’équipe, mise à disposition plus efficace du matériel, réaménagement, disponibilité des équipements, etc…et de faire en sorte de proposer ces éléments de manière permanente aux équipes.
Enfin, pour les améliorations identifiées, il est nécessaire d’essayer de les mettre en œuvre sur site afin de vérifier si le tout est réalisable en l’état et comment faciliter leur mise en application.
Une fois les observations terminées, il est temps de passer au dialogue permettant d’identifier les points clé d’amélioration.
Pour cela, il est essentiel de reprendre des exemples concrets et de revenir sur les points abordés sur le terrain. Cette discussion doit ouvrir à un véritable échange permettant de comprendre pourquoi le fonctionnement est tel qu’il est au jour de l’audit afin d’identifier les axes d’amélioration et de proposer des aménagements adaptés et/ou des alternatives.
Il est nécessaire de pointer tous les dysfonctionnements sur une liste et de travailler ensemble à leur résolution : c’est ce que l’on appelle une liste de contrôle de sécurité basée sur le comportement.
Ce dialogue devra donner lieu à un retour complet de l’organisateur envers les collaborateurs, permettant de comprendre où mènent toutes ces actions et quels avantages ont été tirés de la VCS. Les propositions de nouveaux usages devront être testées et validées par l’ensemble des opérateurs avant toute officialisation.
Les VCS à elles seules ne suffisent pas à assurer la sécurité de tous au sein d’une entreprise : elles viennent en complément de formations adaptées en fonction de chaque poste et de chaque problématique, ainsi que de rappels réguliers. La formation doit commencer par celle du manager ou de l’expert QHSE, qui doit être averti des implications et des risques environnementaux et professionnels.